La nouvelle application de rencontres Juliet : quand Black Mirror devient réalité

Vous connaissez Black Mirror ? Cette série absolument terrifiante qui traite des dérives de la technologie ? Et bien, ce programme soi-disant futuriste ne l’est peut-être pas autant que vous ne le pensez : un de ses épisodes vient de devenir réalité !

Les applications de rencontre en ligne se multiplient, et les nouveaux concepts sont de plus en plus farfelus ! Entre la rencontre basée sur le jeu comme Madly ou encore la rencontre chronométrée comme Juliet, les célibataires auront de plus en plus de choix !

De Black Mirror…

Black Mirror

Cette série créée par Charlie Brooker se déroule dans un futur dystopique. Ici, les épisodes n’ont en commun que le thème. Chaque nouvel épisode relate donc une histoire différente ayant pour point commun le rapport que nous entretenons à la technologie. D’ailleurs, le titre de la série, signifiant « miroir noir« , fait références aux écrans qui reflètent notre image et qui sont devenus onmiprésents dans nos vies. La série interroge le rôle de ces nouvelles technologies sur nos vies.

Dans l’épisode 4 de la saison 4, intitulé « Hang the DJ », deux personnes, Franck et Amy,  se rencontrent via une application en ligne. Dans cette société, chaque individu est placé dans une relation par un « coach » de l’amour.

Le plus de cette application ? Votre « coach » vous met en couple… pour une durée déterminée à l’avance ! De quelques années à quelques heures, la nature de votre relation est déjà pré-définie par cette intelligence artificielle. À la fin de la relation, un questionnaire permet d’affiner le choix du prochain partenaire jusqu’à tomber enfin sur le « match » idéal. Dans l’épisode, Frank et Amy sont destinés à ne se fréquenter que pendant 12 heures. Pourtant, ils tombent amoureux et essaient de combattre le système.

Si la plupart des téléspectateurs y voient la prévision d’une dérive de notre société et la version extrême des renontres en ligne telle que nous les connaissons aujourd’hui, certains y voient… Une opportunité commerciale ! Et c’est le cas de Julian Alexander, jeune américain de 24 ans, qui a créé une version réelle de cette application !

… à Juliet

L’application, appelée Juliet, va effectivement déterminer la durée de votre relation. En remplissant un questionnaire en ligne, Juliet vous met en relation avec un seul partenaire à la fois, et ce, pour une durée déterminée à l’avance. Les délais restent plus flexibles que dans la série, et plus raisonnables également ! Bien sûr, pas d’obligation de quoi que ce soit, au contraire de Black Mirror !

L’application ne vous laisse donc pas choisir entre plusieurs profils, car en réalité, ce n’est pas vous qui faites un choix, c’est bien l’application qui vous « case » ! Ensuite, il vous est attribué un temps pendant lequel vous êtes autorisés à vous contacter. Une fois ce laps de temps expiré, vous remplissez un nouveau questionnaire en ligne.

Ce second questionnaire permet à l’application d’en savoir davantage sur votre expérience, en précisant les « pour » et les « contre » de cette rencontre. Cela permet à l’application d’en apprendre davantage sur vous et sur vos attentes. Ainsi, votre « match » suivant devrait davantage répondre à vos attentes. Et le prochain encore plus, et ainsi de suite ! Au final, le but est de continuer jusqu’à ce que vous trouviez la perle rare !

Pourquoi une telle application ?

Application Juliet

En effet, c’est une question légitime ! Qui voudrait utiliser ce genre d’application ? En réalité, qui voudrait quoi que ce soit venant tout droit de Black Mirror ?! Car la référence est totalement assumée par le créateur de Juliet, fan absolu de la série d’anthologie. Il admet clairement que l’idée lui est venue directement de l’épisode de la célèbre série.

Comment cela peut-il donner des idées de mise en pratique réelle ? Et bien en vérité, il s’agit probablement plus de buzz que de véritable projet ! Car sans la série, difficile de croire que qui que ce soit ne se soit intéressé de plus près à cette application, certainement saugrenue car elle court-circuite tout libre arbitre de votre part !

L’application a-t-elle rencontré son public ?

En réalité, le concept en soi n’est pas si neuf que cela. Il existe déjà certaines applications qui ne maintiennent un match que pour un temps déterminé : bumble par example exige d’engager la conversation sous 24 heures sous peine d’annulation du match. Ditto permet également de ne matcher qu’avec un seul partenaire à la fois.

En ce qui concerne Juliet, si cela peut vous rassurer, l’application, qui n’est disponible qu’aux Etats-Unis et au Canada, n’a pas réellement déchainé les passions. Si elle a réuni quelques milliers d’utilisateurs, cela reste un chiffre relativement bas pour une application de rencontre en ligne. Bien sûr, ce ne sont que les débuts de Juliet.

En revanche, ce qui est plus difficile, c’est que l’application n’est pas vraiment bien notée : à peine plus de 2/5, elle n’atteint même pas la moyenne. Et quelque part, ça nous rassure !

L’application a eu quelques problèmes au démarrage, et ce n’est pas surprenant. Fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle, les matchs proposés au début sont forcément assez mauvais. En effet, le programme ne se base que sur quelques informations. Au fur et à mesure des matchs, l’application devient de plus en plus intelligente et permettrait donc de mieux assortir les utilisateurs de Juliet.

Cependant, aussi intelligente que Juliet puisse devenir, quelle est la probabilité de trouver la formule exacte du rendez-vous parfait ? La recette réellement efficace de l’amour ? Et c’est bien le cœur du problème, peut-on réellement se reposer sur la technologie quand il s’agit d’amour ? Et le souhaite-t-on ? Si les codes de la rencontre en ligne se modifient certainement avec toutes ces applications, jusqu’où peut-on imaginer aller ?

Quand on y réféchit, le plus bizarre dans cette affaire n’est même peut-être pas la limite temporelle appliquée aux rencontres, c’est sans doute l’idée même de vouloir rendre réelle une idée issue de Black Mirror ! On ne fait pas beaucoup plus flippant !

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