Vos infos personnelles sur les sites de rencontre vendues en toute légalité !


Une enquête récente, menée par une chercheuse nommée Joana Moll en association avec une ONG de nouvelle technologie allemande (Tactical Tech) a mis en lumière un fait inquiétant : les données personnelles insérées sur les sites de rencontres seraient vendues légalement ! Voyons les conséquences de ces pratiques et comment tout cela est possible.

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Données personnelles et sites de rencontre : un vaste trafic !

Quand on s’inscrit sur un site de rencontre, on le choisit pour son efficacité, pour sa communauté ou pour ses tarifs alléchants, mais normalement, tout ce qui est relatif à notre vie privée coule de source. Nos données sont privées et donc protégées n’est-ce pas ?

Et bien pas du tout, comme le montre cette étude de la chercheuse Joana Moll. La jeune femme a pu racheter un million de profils d’utilisateurs et toutes les données relatives à ceux-ci pour la modique somme de 135 euros, auprès de site USDate. Ces données précises comprennent l’âge, le sexe, des traits physiques ou caractériels, l’adresse des membres, leur job, leurs hobbies, leurs préférences sexuelles… De plus, ce ne sont pas moins de 5 millions de photos qui accompagnaient cet achat !

Inquiétant, surtout quand on pense pouvoir faire des rencontres en toute sécurité sur ces sites. Parmi les plateformes incriminées, on trouve Tinder, POF, Match, USdate… Mais tout cela se fait bien en toute légalité, car vous acceptez les conditions générales d’utilisations sans même les lire.

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Les risques d’une telle procédure

Si au départ, on se demande bien ce que peuvent faire les acheteurs de ces données, à part des campagnes de publicités ciblées, on comprend mieux les risques lorsque la société Tactical Tech aborde le sujet des crédits ou des assurances.

Si vos données personnelles sont ainsi partagées et que tout le monde peut y avoir accès aussi facilement, il se pourrait que certains se voient privés de certains droits ou qu’ils soient victimes d’actes discriminants. On pense à une personne homosexuelle dans un pays ouvertement homophobe, à quelqu’un qui aurait des penchants sexuels particuliers (Sm, Bondage, échangisme…) qui pourrait se voir refuser un job, ainsi qu’à la réticence de certaines assurances si elles apprennent qu’un utilisateur de ces sites batifole à droite et à gauche.

Des données qui devraient normalement restées confidentielles et qu’un utilisateur devrait pouvoir effacer ou demander à effacer sans souci. Mais hélas, comme l’a expérimenté Joana Moll auprès de OK Cupid, c’est loin d’être aussi facile que souhaité. Il faut en effet fournir de nouvelles informations très privées, notamment son passeport, pour effacer les premières.

Un cercle vicieux qui amène donc à une certaine prudence quand on utilise ces plateformes.

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